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Bitcoin en temps de guerre : valeur refuge ou dangereuse illusion ?

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Voyageur avec un téléphone près d’un distributeur fermé pendant une crise, illustrant le bitcoin en temps de guerre.
Illustration du sujet générée par IA.

La banque est fermée. Votre carte ne fonctionne pas. Vous devez franchir une frontière sans pouvoir emporter toute votre épargne. Le bitcoin semble alors une issue : une valeur qui ne dépend ni d’une seule valise ni d’une seule banque.

Mais posez une autre question : à quoi sert le bitcoin si l’électricité ou Internet tombe en panne, ou si son cours est divisé par deux avant de payer un hébergement ?

La guerre révèle la différence entre deux affirmations souvent confondues. Le bitcoin peut parfois faciliter le transfert de valeur entre pays. Cela n’en fait pas automatiquement un placement sûr dès qu’un conflit éclate.

Ce que la guerre fait à l’argent

Une guerre peut perturber banques, réseaux de paiement et bureaux de change. Des personnes fuient sans pouvoir accéder facilement à leur compte, tandis que les organisations humanitaires ont besoin de fonds internationaux urgents. Plusieurs moyens répondent à ces problèmes : espèces, dépôts bancaires, cartes et actifs numériques.

Le bitcoin présente une particularité : conserver soi-même l’accès à son portefeuille évite de dépendre d’une agence bancaire pour cet accès. Un paiement réel exige toutefois, à terme, une connexion au réseau pour diffuser la transaction. Il faut aussi quelqu’un qui accepte ou échange les bitcoins. Une signature hors ligne est possible, mais la transaction signée doit ensuite être diffusée en ligne. Source 1

Le bitcoin peut donc constituer une voie supplémentaire lorsqu’un canal de paiement tombe en panne. Il ne remplace ni nourriture, ni communications, ni électricité, ni argent immédiatement utilisable.

L’Ukraine a montré ce que les cryptos peuvent faire

Après l’invasion russe de 2022, le gouvernement ukrainien a reçu des dons en cryptomonnaies de l’étranger. Chainalysis, spécialiste de l’analyse des blockchains, estimait que les adresses communiquées par le gouvernement avaient reçu près de 70 millions de dollars en février 2023. Il s’agit d’une estimation historique d’adresses identifiées, pas du total actuel de l’aide à l’Ukraine. Source 1

Cet exemple montre un avantage pratique : un donateur à l’autre bout du monde peut transmettre de la valeur numériquement sans ouvrir au préalable un compte bancaire local pour le bénéficiaire. Les cryptos n’étaient néanmoins qu’un canal parmi les paiements internationaux classiques et d’autres aides. La leçon n’est pas que la guerre rend le bitcoin indispensable, mais qu’une voie de paiement alternative peut être utile en crise.

Le bitcoin monte-t-il toujours lorsqu’une guerre éclate ?

Non. Les investisseurs peuvent d’abord vendre leurs positions risquées et rechercher des liquidités. Ensuite, le cours dépend des taux, de la liquidité, des attentes et du conflit. Aucune règle ne veut que guerre signifie hausse du bitcoin.

L’expression valeur refuge mérite également de la précision. Un refuge devrait conserver sa valeur ou rester facilement utilisable dans les moments difficiles. Le bitcoin peut fortement fluctuer, et les liens entre crypto et marchés financiers se renforcer en période de tensions. Une étude du FMI a analysé cette volatilité et ces effets de transmission entre actifs cryptographiques et financiers traditionnels. Source 1

Détenir un actif numérique rare pendant dix ans ne répond pas à la même question que payer demain le loyer et le transport d’une famille.

Bitcoin, or, espèces et argent en banque

MoyenAvantage possible en criseLimite importante
EspècesImmédiatement utilisables là où elles sont acceptéesTransport sécurisé difficile ; disponibilité et acceptation peuvent diminuer
Compte bancaireFamilier et souvent pratique au quotidienAccès dépendant des banques et des infrastructures de paiement
OrBien physique hors d’un réseau numériqueDifficile à transporter, fractionner et vendre à bon prix
BitcoinTransférable numériquement entre pays avec son propre portefeuilleRisque de cours, accès technique et nécessité d’acceptation ou de conversion

Il n’existe pas de gagnant universel. Tout dépend du but : payer, fuir, épargner ou envoyer de l’argent. Le FMI décrit l’or comme un actif de réserve établi, susceptible d’attirer les banques centrales en période d’incertitude géopolitique. Cela ne rend pas l’or et le bitcoin identiques pour un ménage. Source 1

La faiblesse cachée : il faut pouvoir y accéder au bon moment

Une phrase de récupération ou une clé privée peut donner accès à un patrimoine sans transporter de pièces. Cette propriété crée aussi un risque : perdre ou se faire voler cet accès peut être irréversible. Garder tous ses bitcoins sur une plateforme rend également dépendant de ses règles d’accès. Bitcoin.org souligne donc la sécurité du portefeuille et les sauvegardes. Source 1

Même avec un accès intact, une zone de guerre peut connaître des coupures de courant, un Internet limité, des frais élevés, peu d’acheteurs ou des commerces acceptant uniquement la monnaie locale. Une valeur affichée n’est alors pas un pouvoir d’achat sur place.

Et les sanctions ? Une blockchain n’est pas une banque invisible

Des acteurs indésirables peuvent aussi utiliser les cryptos. Une transaction sans banque traditionnelle n’est pas forcément invisible : les blockchains publiques peuvent être analysées et les prestataires réglementés doivent respecter les règles applicables. Le GAFI souligne à la fois l’utilité des actifs virtuels pour les paiements et les risques d’abus. Source 1

Pour l’analyse économique, l’essentiel est qu’en cas de guerre majeure, les gouvernements examinent simultanément aide d’urgence, flux de capitaux, blanchiment et sanctions. L’accès aux plateformes peut donc changer même si le réseau bitcoin continue à fonctionner.

Quand le bitcoin peut-il être vraiment utile en guerre ?

Le bitcoin peut servir en complément si l’accès au portefeuille et la connexion sont fiables et si quelqu’un accepte de recevoir ou convertir les fonds. Il peut aussi acheminer des dons internationaux. Cette utilité ne prédit guère le cours de la semaine suivante.

Voilà la tension au cœur du sujet : le bitcoin peut être utile comme canal de paiement pendant une guerre et perdre fortement de sa valeur comme placement. Confondre ces fonctions peut conduire à compter sur une hausse au mauvais moment.

La question n’est donc pas seulement de savoir si la guerre favorise le bitcoin. Il vaut mieux demander : quel problème doit-il résoudre pendant cette guerre, et fonctionnera-t-il au moment où vous en aurez le plus besoin ?

Questions fréquentes

Le bitcoin est-il une valeur refuge pendant une guerre ? Ce n’est pas garanti. Son cours peut baisser lorsque les investisseurs réduisent leurs risques. Facilité de transfert et stabilité du prix sont deux propriétés distinctes.

Le bitcoin fonctionne-t-il sans Internet ? Une transaction peut être signée hors ligne, mais elle doit ensuite être transmise au réseau par une connexion. Sans connexion utilisable, un paiement immédiat ordinaire n’est pas possible.

Pourquoi les cryptos ont-elles été utilisées pendant la guerre en Ukraine ? Notamment pour recevoir des dons internationaux numériquement. Cela démontre un usage, pas le remplacement de l’aide financière traditionnelle.

Le bitcoin est-il préférable à l’or ou aux espèces en crise ? Cela dépend de l’objectif. Les espèces sont immédiatement utilisables là où elles sont acceptées ; le bitcoin se transfère plus facilement numériquement ; l’or est un bien physique. Chacun a des limites claires.

Pour aller plus loin

Bitcoin à un million d’euros et l’économie · Payer pendant une panne · Règles européennes pour les plateformes crypto

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